Découvrir le marais poitevin avec Le Tri Mar (sud Vendée)


Histoire du marais

Le Marais poitevin présente des paysages très variés. Il y a 10 000 ans, il s'agissait d'un grand golfe : le Golfe des Pictons. C'est un formidable travail humain qui l'a transformé.

Le Golfe des Pictons était en partie recouvert par l'océan à marée haute. Il était aussi soumis à de longues périodes de crues dues aux abondantes quantités d'eau venant du bocage et des forêts alentours situés en hauteur : Pour aménager ce golfe, les moines ont construit des digues qui empêchent le retour de l'océan et d'autres digues qui arrêtent les crues venant des terres hautes : Dans ces terres protégées, des canaux et des fossés ont été creusés pour évacuer l'eau de pluie à marée basse et servir de réserve en été.

Les marais desséchés sont nés:

A l'intérieur des terres, derrière les digues, des secteurs ne sont pas aménagés. Ils reçoivent l'eau du bassin versant. Lorsqu'il en arrive plus que l'on ne peut en évacuer à marée basse, c'est la crue.



Le Marais poitevin est un territoire de 112 000 ha qui s’étend de la Baie de l’Aiguillon jusqu’à Niort. On y trouve trois types de milieux : marais mouillé (30000 ha), marais desséché (70000 ha) et marais maritime (12000 ha de près salés et vasières). Il s’étend sur trois départements (Vendée, Deux Sèvres, Charente-Maritime) et deux régions (Pays de la Loire et Poitou-Charentes). C’est la deuxième plus grande zone humide de France.

A. Le marais desséché

Le marais desséché est la zone non inondable du Marais poitevin car elle est protégée par un réseau de levées et de digues. Il présente de larges paysages ouverts où les arbres sont rares. Les prairies et les cultures sont bordées de fossés et de canaux, et on y trouve de nombreux ouvrages hydrauliques. Les îles calcaires constituent des points hauts qui ont résisté à l’érosion.

B. Le marais mouillé

Le marais mouillé est la partie la plus renommée du Marais poitevin. En partie classé Grand Site de France, ce secteur englobe la fameuse Venise Verte. Il s’agit d’une zone inondable par crue ou engorgement en période pluvieuse.

Le marais mouillé se compose des marais mouillés bocagers, des communaux, des terrées, des tourbières et des trous de bri. Le marais mouillé bocager est sillonné d’une multitude de canaux bordés de rangées d’arbres.

Les maraîchins ont creusé des centaines de kilomètres de fossés, de conches et de canaux pour circuler et pour permettre un écoulement plus rapide des eaux.

C. Le marais maritime

Les aménagements successifs du Marais poitevin ont peu à peu réduit le golfe des Pictons, dont il ne reste aujourd’hui que la baie de l’Aiguillon, classée réserve naturelle. Ces milieux littoraux, composés des mizottes (près salés), des vasières, des dunes et sables, sont soumis à l’influence des marées, La baie de l’Aiguillon offre plusieurs points de vue pour l’observation ornithologique. Les conchyliculteurs (élevage de coquillages) y pratiquent également leur activité.

Bac à râteau : bateau à fond plat utilisé pour désenvaser les canaux. Il se caractérise par une barre métallique dentée à l'arrière, à laquelle s'ajoutent des "ailes", ces dernières étant repliées lorsque l'embarcation est au repos.

Bonde : ouvrage hydraulique situé le long des canaux évacuateurs ou en travers des levées, en limite marais mouillé - marais desséché, la bonde permet d'aider à l'évacuation de l'eau douce vers la mer. Mais son principal rôle est de servir de prise d'eau, en été principalement, pour le marais desséché qui peut ainsi s'alimenter en eau douce dans le marais mouillé.

Bri : Les trous de bri correspondent aux anciens sites d'exploitation du bri (argile grise) pour les tuileries et briqueteries du Marais poitevin. L'argile extraite, les trous étaient soit comblés avec des produits « avariés» (c'est-à-dire des produits ratés : trop ou pas assez cuits...), des gravats, etc., soit laissés sous forme d'étang.

Communal : les communaux du Marais poitevin sont de grandes prairies naturelles inondables vouées au pâturage. Elles peuvent atteindre 300 hectares. Leur sol n'est pas complètement plat. Il est constitué de «baisses», vestiges des creux façonnés par le passage de l'océan et des fleuves, qui recueillent l'eau de pluie ; et de « belles », parties plus hautes elles aussi formées par le passage des eaux.

Digues : situées en bordure de mer, ces levées de terre ou de pierres servent de ceinture de protection contre l'introduction de l'eau salée à l'intérieur des terres. Elles restent encore aujourd'hui une nécessité.

Drainage : autrefois, à l'intérieur des parcelles asséchées, des fossés courants reliés au canal évacuateur, et des fossés parcellaires reliés aux fossés courants, venaient compléter le réseau hydraulique. Aujourd'hui, avec la modernisation de l'agriculture et la mécanisation, la plupart des fossés courants des parcelles cultivées ont disparus, remplacés par des drains enterrés qui permettent de récupérer l'eau d'infiltration. Celle-ci va dans les fossés parcellaires, et est pompée pour être évacuée par les canaux évacuateurs.

Golfe des Pictons :

Levée ou bôth : obstacle au débordement des crues dans le marais desséché, la levée fait l'objet de soins attentifs : profilage, plantations et empierrement. Bordée de deux canaux parallèles, elle est régulièrement jalonnée de petites maisons basses : les huttes.

Maraîchin(e) : dans le Marais Poitevin, adjectif signifiant l'appartenance au marais mouillé.

Marouin(e) : dans le Marais Poitevin, adjectif signifiant l'appartenance aux marais desséché.

Polder (ou prise) : territoire gagné sur l'océan, suite à la construction de digues.

Terrées : elles présentent un paysage peu commun, que l'on rencontre principalement dans la partie est du Marais poitevin. Ce sont de petites parcelles boisées entourées de fossés ou de conches . Elles ont été mises en place par les maraîchins pour gérer les niveaux d'eau. On y accède en barque grâce au réseau hydraulique.

Tourbières : elles sont situées aux limites de la plaine et du marais. Elles correspondent à d'anciens sites d'extraction de la tourbe, qui servait alors de combustible de chauffage. Abandonnés depuis les années 1950, ces sites évoluent généralement en boisements humides.

Texte tiré du document L’eau et les paysages du marais poitevin (Maison du maitre des digues)